Alexa Lavoie empêchée de filmer une prière de rue à Montréal

Gauche radicale-Québec

À Montréal, des hommes ont encerclé et intimidé l’équipe de Rebel News pour empêcher Alexa Lavoie de filmer une prière de rue dans un parc public. Malgré l’obstruction physique, aucune arrestation n’a eu lieu, au détriment de la liberté de presse.

Un homme âgé portant un gilet réfléchissant se tient sous un grand drapeau palestinien au milieu d’un rassemblement nocturne à la Place du Canada. Capture du reportage de Rebel News / YouTube.

Le 20 mars 2025, à la Place du Canada, au centre-ville de Montréal, la journaliste Alexa Lavoie et un caméraman de Rebel News ont été empêchés de filmer une prière musulmane tenue dans un espace public. Plusieurs hommes ont encerclé ou suivi l’équipe, se plaçant délibérément devant l’objectif et utilisant leur corps ou des objets pour bloquer les images. La confrontation verbale a nécessité l’intervention du Service de police de la Ville de Montréal.

Une caméra bloquée dans un parc public

Le tournage portait sur une prière organisée en plein air, dans un parc accessible au public. Alors que l’équipe de Rebel News filmait la scène, des participants ont exigé qu’elle cesse d’enregistrer, invoquant notamment la présence de femmes et de fidèles qui ne souhaitaient pas être filmés.

Les images diffusées montrent toutefois une obstruction physique répétée : des hommes se déplacent devant la caméra afin d’en empêcher le champ de vision, accompagnant ces gestes d’interpellations hostiles. Aucun blessé grave n’a été signalé et aucune arrestation n’a été effectuée, mais le dispositif a eu pour effet concret d’entraver le travail journalistique sur la voie publique.

Des policiers aux consignes divergentes

Un policier intervenu sur place a rappelé que filmer dans l’espace public est généralement autorisé. Une agente a ensuite demandé à l’équipe de ne pas cadrer certaines participantes. L’épisode s’est achevé sans accusation, malgré l’intimidation et l’obstruction rapportées durant le tournage.

L’incident survient dans un contexte montréalais déjà tendu autour des prières de rue, de l’occupation de l’espace public et de mobilisations pro-palestiniennes alléguées. Les éléments disponibles ne permettent cependant pas d’établir l’appartenance des personnes ayant bloqué la caméra à des groupes décolonisateurs, antifascistes, anticapitalistes ou à une organisation d’extrême gauche.

Le droit d’informer sous pression

Le désaccord sur le respect de la vie privée ne donne pas un blanc-seing à des citoyens pour faire obstacle, par la pression physique, à une caméra présente dans un lieu public. À Montréal comme ailleurs, la liberté de presse suppose que les journalistes puissent documenter les événements publics sans être encerclés, intimidés ou empêchés de travailler par des groupes décidés à contrôler les images qui circulent.

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