Le 7 octobre 2024, à la Place des Arts de Montréal, la journaliste indépendante Natasha Graham a été prise à partie alors qu’elle couvrait une mobilisation pro-palestinienne et anti-israélienne. Des images publiées et son récit font état d’une obstruction répétée de sa caméra, d’un encerclement et d’un climat d’intimidation qui l’aurait finalement contrainte à appeler le 911 pour pouvoir quitter les lieux.
Une couverture empêchée par les militants
Au lieu de laisser une journaliste exercer son travail dans l’espace public, des participants ont multiplié les gestes visant à empêcher la captation d’images. Drapeaux, mains et objets ont été placés devant l’objectif de manière répétée. Une organisatrice aurait suivi Graham dans ses déplacements afin d’interrompre systématiquement son tournage.
Cette obstruction ne relevait pas d’un simple désaccord verbal. Elle visait concrètement à empêcher la documentation d’une mobilisation politique tenue au cœur de Montréal. Dans une démocratie, le fait de bloquer une caméra pour contrôler ce qui peut être montré au public constitue une atteinte préoccupante à la liberté de presse.
Encerclement, cris et contacts physiques allégués
La situation se serait aggravée lorsque plusieurs personnes se sont rapprochées autour de la journaliste pendant qu’elle cherchait à se déplacer. Graham rapporte avoir été encerclée, insultée et criée après, ainsi que des contacts physiques. Elle n’a pas fait état de blessure grave, mais l’épisode est décrit comme suffisamment intimidant pour qu’elle demande l’intervention des services d’urgence.
Le recours au 911 illustre le niveau de pression subi sur place. Une manifestation politique ne donne à personne le droit de retenir de fait une personne, de lui barrer le passage ou de la harceler parce qu’elle filme des images que des militants préféreraient soustraire au regard du public.
Pression prolongée sur les réseaux sociaux
Après les faits, Graham affirme avoir été ciblée en ligne par des publications la présentant comme une provocatrice, ainsi que par des signalements coordonnés contre ses comptes. Aucune décision judiciaire publique relative à ces allégations n’est mentionnée dans les éléments disponibles. Ces accusations s’inscrivent néanmoins dans la continuité d’une séquence où l’intimidation aurait commencé sur le terrain avant de se prolonger sur les plateformes numériques.
Aucune arrestation documentée
Aucune arrestation ni accusation n’a été documentée à l’égard des personnes ayant entouré Graham ou obstrué son travail ce jour-là. L’absence de suites pénales connues ne fait toutefois pas disparaître les gestes rapportés ni les questions qu’ils soulèvent quant au maintien de l’ordre lors de rassemblements où des militants anti-israéliens s’en prennent à des journalistes.
Cette affaire rappelle qu’une cause politique, quelle qu’elle soit, ne peut servir de permis d’intimider, d’encercler ou de réduire au silence une reporter. Protéger le droit de filmer et de rendre compte des manifestations est une condition élémentaire de la liberté publique.


La section commentaires est fermée.