Engins incendiaires visant la congrégation Beth Tikvah

Gauche radicale-Québec

Deux engins incendiaires ont visé une synagogue et les bureaux de la Fédération CJA à Dollard-des-Ormeaux. Sans blessé, cette attaque contre des lieux juifs reste d’une gravité extrême : une intimidation antisémite exigeant l’identification et la sanction des auteurs.

L’entrée de la congrégation Beth Tikvah présente une marque de brûlure au bas d’une porte en bois et des débris sur le sol après l’attaque incendiaire. Photo : B’nai Brith Canada / La Presse canadienne, publiée par CityNews et la Jewish Telegraphic Agency.

Dans la nuit du 6 au 7 novembre 2023, deux institutions de la communauté juive de Dollard-des-Ormeaux ont été la cible de dispositifs incendiaires. Un engin a été lancé contre la porte de la congrégation Beth Tikvah. Un second a été retrouvé à l’arrière des bureaux voisins de la Fédération CJA. Les dégâts matériels ont été limités et aucune blessure n’a été signalée, mais les faits constituent une attaque grave contre des lieux communautaires fréquentés par le public.

Deux bâtiments juifs visés dans le même secteur

La police de Montréal est intervenue après la découverte de traces d’incendie sur une porte de la synagogue Beth Tikvah. Les enquêteurs ont ensuite été avisés qu’un autre dispositif avait atteint l’immeuble de la Fédération CJA, à proximité immédiate. La proximité géographique des deux cibles et le court intervalle entre les événements ont conduit les autorités à traiter les deux dossiers conjointement.

Les images rendues publiques montrent des marques de brûlure et des dommages à l’entrée de la congrégation. Le feu ne s’est pas propagé à l’intérieur des bâtiments. Ce résultat ne réduit toutefois en rien le danger créé par le recours à des engins incendiaires : une propagation, la présence d’occupants ou un retard dans l’intervention auraient pu provoquer des blessures et des dégâts autrement plus importants.

Une intimidation visant la vie communautaire juive

Ces attaques sont survenues un mois après le massacre commis par le Hamas en Israël le 7 octobre, dans un climat de tensions liées à la guerre à Gaza. Des organisations communautaires juives ont dénoncé un acte antisémite et demandé un renforcement de la protection des institutions vulnérables. Des responsables municipaux, provinciaux et fédéraux ont également condamné les faits.

Les militants décolonisateurs, les groupes antifacistes et les organisations anticapitalistes ont été très présents dans l’espace public montréalais durant cette période de mobilisation autour du conflit. Mais les informations publiques disponibles ne permettent pas d’attribuer les dispositifs incendiaires à l’un de ces réseaux, à un groupe pro-palestinien précis ou à une organisation d’extrême gauche. Aucun auteur, aucun mobile et aucune affiliation politique n’avaient été publiquement établis.

Une enquête sans arrestation annoncée

Aucune arrestation ni condamnation n’a été annoncée dans les informations publiques relatives à ces deux attaques. L’absence de suspects identifiés ne doit pas banaliser la portée de tels gestes : jeter un dispositif incendiaire contre une synagogue et un centre communautaire juif revient à imposer un risque physique à des citoyens et à fragiliser la sécurité de lieux de culte et de rassemblement.

À Dollard-des-Ormeaux, l’épisode rappelle que les conflits importés et l’agitation idéologique ne doivent jamais servir de prétexte à l’intimidation ou à la violence contre des institutions juives québécoises. La protection de l’ordre public exige que les auteurs soient identifiés et que toute escalade visant des communautés religieuses soit traitée avec la plus grande fermeté.

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