Campement pro-palestinien de McGill : occupation et incidents physiques

Gauche radicale-Québec

Pendant plus de dix semaines, un campement pro-palestinien a occupé McGill, bloqué des accès et multiplié les incidents : intimidation, harcèlement, dommages et confrontation physique. Le démantèlement a mené à une arrestation.

Des tentes, des bâches et des drapeaux composent le campement pro-palestinien installé sur le terrain inférieur de McGill, vu depuis la bibliothèque Redpath. Photo : WikiFouf / Wikimedia Commons, CC0.

Du 27 avril au 10 juillet 2024, le campus du centre-ville de l’Université McGill a été occupé pendant plus de dix semaines par un campement pro-palestinien réclamant le désinvestissement de l’établissement. Installé près des portes Roddick, ce dispositif n’a pas été une simple démonstration symbolique : tentes, barrières, palettes et structures improvisées ont durablement soustrait une partie du campus à son usage normal.

Une occupation organisée au cœur du campus

Inspiré des mobilisations apparues dans des universités nord-américaines, le campement a rapidement servi de point de ralliement régional pour des militants pro-palestiniens, issus de réseaux décolonisateurs, anticapitalistes et, plus largement, de la gauche militante. Leurs revendications portaient sur la divulgation des placements de McGill, le retrait d’investissements d’entreprises liées à Israël et la rupture de certains partenariats universitaires.

Mais l’occupation s’est aussi traduite par une emprise physique sur les lieux. Les barricades et les accès délimités par les occupants ont entravé la circulation et empêché l’université d’assurer l’utilisation habituelle d’une zone de son propre campus. McGill a rappelé que l’installation contrevenait à ses règles. Des démarches judiciaires lancées au printemps pour obtenir le démantèlement n’ont toutefois pas abouti à ce moment-là, laissant l’occupation se prolonger.

Intimidation, dommages et confrontation

Au fil des semaines, la situation s’est durcie. L’Université McGill a fait état d’actes d’intimidation, de harcèlement, de dommages matériels et d’incidents physiques associés à certaines mobilisations reliées au campement. Ces faits ont accentué les préoccupations quant à la sécurité des étudiants, du personnel et des personnes appelées à traverser le campus.

Le 6 juin, des militants ont franchi une étape supplémentaire en occupant et en barricadant le pavillon administratif. Cette action coercitive, menée dans le prolongement de la mobilisation, illustre la dérive d’un mouvement qui entendait imposer ses exigences par le blocage et la perturbation des activités universitaires. Les groupes décolonisateurs et anticapitalistes gravitant autour de la contestation ont contesté plusieurs descriptions faites par McGill et dénoncé les interventions de sécurité, sans faire disparaître les incidents rapportés par l’établissement.

Démantèlement et arrestation

Le 10 juillet, McGill a finalement confié le démantèlement du campement à une firme de sécurité privée, sous présence policière. L’université invoquait des risques de sécurité, d’hygiène et d’escalade après plus de deux mois d’occupation. Les tentes, les barricades et les autres installations ont été retirées au cours de la journée.

Une personne a été arrêtée pendant l’opération, d’après La Presse canadienne. Aucune condamnation n’est rapportée dans ce dossier. L’épisode de McGill rappelle néanmoins qu’une mobilisation politique, lorsqu’elle se transforme en occupation durable, en contrôle d’accès et en actions de blocage, fait peser le coût sur l’ensemble de la communauté universitaire et fragilise l’ordre public sur un campus qui devrait demeurer accessible à tous.

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