Vitres fracassées à la Maison de Radio-Canada

Gauche radicale-Québec

À Montréal, des militants d’extrême gauche ont fracassé les vitrines de Radio-Canada pour punir un reportage sur les mineurs, les hormones et la détransition. Cette attaque revendiquée illustre une intimidation violente contre la liberté de la presse.

La façade vitrée et l’entrée principale de la Maison de Radio-Canada à Montréal; les vitres endommagées pendant l’incident ne sont pas visibles sur cette photo de contexte. Source : Radio-Canada, image publiée par True North.

Dans la nuit du 12 au 13 mars 2024, l’entrée de la Maison de Radio-Canada, à Montréal, a été prise pour cible lors d’un acte de vandalisme. Plusieurs vitrines du diffuseur public ont été fracassées avant l’arrivée des policiers. Le SPVM, appelé vers 2 h 20, a constaté les dommages, mais les suspects avaient déjà quitté les lieux.

Une attaque ciblée contre un média public

L’opération ne relevait pas d’un simple désordre de rue : elle visait directement l’entrée du siège montréalais de Radio-Canada. Le bris de vitres a causé des dommages matériels au bâtiment et forcé l’intervention policière en pleine nuit. Aucun blessé n’a été signalé, mais l’attaque illustre une nouvelle fois le recours à l’intimidation et à la dégradation lorsqu’un contenu médiatique déplaît à des militants d’extrême gauche.

Quelques jours plus tard, un texte anonyme publié sur Montréal Counter-information a revendiqué le geste. Cette revendication établit explicitement un lien entre le vandalisme et le reportage « TransExpress », diffusé à l’émission Enquête le 29 février. Le reportage portait notamment sur l’accès de mineurs aux hormones et sur des parcours de détransition.

Le désaccord politique transformé en vandalisme

Les auteurs anonymes ont accusé le reportage d’être transphobe et de relayer des demandes attribuées à la droite religieuse et à l’extrême droite. Mais plutôt que de répondre par le débat, une plainte formelle ou une critique publique, ils ont choisi de s’en prendre physiquement aux installations d’un média.

La revendication reprenait une rhétorique anticapitaliste et anti-État, mêlant le dossier traité par Enquête à la crise du logement, aux services publics, au climat, au fascisme et à la police. Ce procédé, fréquent dans les milieux militants radicaux, sert à présenter une dégradation ciblée comme une forme de « riposte » politique. Le texte se concluait d’ailleurs par l’avertissement que ce ne serait pas la dernière fois que des personnes queer « riposteraient ».

Aucune arrestation annoncée

Radio-Canada a confirmé qu’une enquête policière était en cours, sans endosser les accusations anonymes formulées contre son travail journalistique. La publication de la revendication ne permet toutefois pas d’identifier les personnes ayant cassé les vitrines. Au moment des informations disponibles, aucune arrestation ni condamnation n’avait été annoncée.

Cette affaire rappelle qu’un désaccord avec un reportage, même sur un sujet hautement sensible, ne justifie ni les menaces implicites ni les attaques contre des biens. La liberté de la presse ne peut tenir si des groupes militants estiment pouvoir sanctionner par le vandalisme les médias dont les enquêtes contrarient leur idéologie.

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