Statue de « Gassy Jack » renversée et couverte de peinture rouge

Canada hors Québec-Gauche radicale

À Vancouver, des militants ont renversé à la corde la statue de Gassy Jack avant de la maculer de peinture rouge, à l’issue d’une marche. Cette destruction politique d’un monument municipal a mis les passants en danger ; la police enquête, sans arrestation.

La statue de Gassy Jack repose sur la chaussée de briques, couverte de peinture rouge et entourée de cordes après son déboulonnement. Photo : Jen St. Denis / The Tyee.

Le 14 février 2022, un monument public de Vancouver a été renversé et dégradé à l’issue de la Marche commémorative annuelle des femmes dans le Downtown Eastside. La statue en bronze de John « Gassy Jack » Deighton, située à l’intersection des rues Water et Carrall, a été tirée au sol à l’aide d’une corde, puis recouverte de peinture rouge.

Un monument jeté sur le trottoir

Des participants ont attaché une corde autour de la statue et ont demandé aux personnes présentes de s’écarter avant de la faire basculer. Le monument est tombé sur le trottoir, créant un risque pour les passants et nécessitant l’intervention des autorités municipales pour sécuriser puis retirer l’œuvre.

La police de Vancouver a ouvert une enquête pour méfait visant ce repère de Gastown. Aucun blessé n’a été signalé et aucune arrestation n’a été effectuée sur place. La statue a été transportée vers un lieu d’entreposage.

Peinture, symboles et revendication anticoloniale

Après la chute du monument, des personnes l’ont couvert de peinture rouge. Des avis de recherche et des silhouettes de robes rouges ont aussi été placés autour de sa base. Ces symboles reliaient directement l’action à la mémoire des femmes et filles autochtones disparues ou assassinées, ainsi qu’aux revendications décolonisatrices et anticoloniales portées lors de la marche.

John Deighton est une figure associée à la fondation de Gastown. Des militants réclamaient depuis plusieurs années le retrait de sa statue, rappelant notamment son mariage avec une jeune fille squamish âgée de douze ans. Cette controverse n’a toutefois pas empêché que le retrait du monument soit réalisé par une action de dégradation publique plutôt que par une décision officielle préalable.

Une enquête sans arrestation immédiate

L’épisode illustre la tension entourant les monuments historiques dans l’espace public : une mobilisation commémorative s’est achevée par la destruction d’une œuvre municipale et par des dommages matériels revendiquant une cause politique. Au 14 février, les policiers n’avaient annoncé ni arrestation ni condamnation en lien avec les faits.

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