Le 29 août 2020, le centre-ville de Montréal a été le théâtre d’une attaque contre un monument public emblématique. À la place du Canada, des militants liés à la mouvance décolonisatrice, antiraciste et au mouvement « Defund the Police » ont tiré au sol la statue de John A. Macdonald à l’aide de cordes. Le monument de bronze a basculé, sa tête s’est détachée sous la violence du choc et l’œuvre a été souillée de peinture et de graffitis.
Cette destruction s’est produite à l’issue d’une marche réclamant le définancement de la police. Environ 200 personnes avaient participé à cette journée d’action, organisée notamment autour des revendications de la Coalition for BIPOC Liberation, qui demandait une réduction de 50 % des budgets policiers. Si la marche n’avait pas donné lieu à des incidents majeurs auparavant, l’opération menée contre la statue a fait basculer l’événement dans le vandalisme politique assumé.
Un monument public renversé en plein jour
Vers 14 h 45, des personnes ont installé une corde autour de la statue, puis ont fait tomber le monument devant des participants et des témoins. L’action décolonisatrice ne relevait pas d’un simple geste symbolique : elle a causé des dommages matériels immédiats et irréversibles à une œuvre installée dans l’espace public. La décapitation de la statue, provoquée par sa chute, est devenue l’image la plus frappante de cette démonstration de force dirigée contre l’histoire canadienne.
Un texte distribué autour de l’action inscrivait le déboulonnement dans une démarche anticoloniale, présentée comme solidaire des peuples autochtones et des luttes contre le racisme. Ces justifications militantes n’effacent toutefois ni la méthode employée ni le fait que des groupes décolonisateurs ont choisi la destruction d’un bien collectif plutôt que le débat public, la consultation ou les mécanismes démocratiques existants.
Pas d’arrestation, pas d’accusation
Le Service de police de la Ville de Montréal, présent à proximité, a demandé aux personnes sur place de se disperser, mais n’a procédé à aucune arrestation. Une enquête pour méfait a été ouverte et le SPVM a annoncé l’examen de vidéos et d’images de surveillance. En novembre 2022, le corps policier a confirmé la fermeture du dossier faute de preuves suffisantes.
Aucune personne n’a été arrêtée, accusée ou condamnée pour le renversement et la décapitation du monument. Plus de deux ans après les faits, cette absence de conséquences a alimenté le sentiment qu’un acte de vandalisme commis au nom d’une cause décolonisatrice ou anticapitaliste pouvait échapper à toute responsabilité judiciaire.
La statue ne reviendra pas à la place du Canada
La mairesse Valérie Plante avait condamné le vandalisme, tout en défendant la contextualisation des monuments controversés. En août 2023, après consultation et recommandations d’un comité indépendant, la Ville a finalement décidé de ne pas réinstaller la statue à son emplacement d’origine. Le socle et le baldaquin demeurent sur place, tandis que Montréal cherche une institution susceptible de restaurer et d’exposer le bronze dans un autre contexte.
Le résultat est durable : une action de militants décolonisateurs a non seulement détruit un monument public, mais elle a aussi entraîné son retrait définitif de la place du Canada. L’épisode rappelle qu’en matière de patrimoine et d’ordre public, la tolérance envers les méthodes de l’extrême gauche militante peut imposer des conséquences concrètes bien au-delà de la journée de mobilisation.


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