Statue de la reine Elizabeth II renversée à Winnipeg

Canada hors Québec-Gauche radicale

Le 1er juillet 2021 à Winnipeg, des manifestants ont arraché puis jeté au sol la statue d’Elizabeth II, avant de la maculer de peinture. Après Victoria, ce second monument public a été détruit par une foule imposant sa colère au patrimoine commun.

La statue de la reine Elizabeth II repose au sol, tirée par des cordes, après avoir été renversée à Winnipeg le 1er juillet 2021. Image tirée d’une vidéo de CTV News.

Le 1er juillet 2021, le terrain de l’Assemblée législative du Manitoba, à Winnipeg, a été le théâtre d’une nouvelle attaque contre le patrimoine public. Après le renversement de la statue de la reine Victoria, des participants au même rassemblement ont également fait tomber la statue de la reine Elizabeth II. Le monument royal a été arraché de son emplacement, projeté au sol et recouvert de peinture et de marques.

Un second monument détruit

Les images de la soirée montrent une foule autour des deux statues et l’utilisation de cordes pour les tirer vers le sol. Il ne s’agissait donc pas d’un simple geste symbolique ou d’une protestation verbale : deux biens distincts installés sur le terrain de l’Assemblée législative ont été dégradés au cours de la même séquence.

La statue d’Elizabeth II a subi des dommages matériels après sa chute. Son renversement s’inscrivait dans une mobilisation liée à la colère provoquée par le système des pensionnats autochtones, mais il a surtout visé un monument public représentant la Couronne. Une fois encore, la contestation anticoloniale a pris la forme d’une destruction visible et organisée d’un bien appartenant au patrimoine collectif.

La monarchie prise pour cible

Elizabeth II n’était pas la souveraine associée à la mise en place initiale du système des pensionnats. La cible choisie traduisait donc un rejet plus large de la monarchie et de la relation historique entre la Couronne et les peuples autochtones. Ce glissement permet de transformer des monuments, même plus récents, en cibles de représailles politiques.

Le fait que les deux statues aient été abattues le même soir sur un site institutionnel souligne la vulnérabilité des monuments publics face à des groupes prêts à imposer leur lecture de l’histoire par la force matérielle. Les débats sur le passé du Canada n’autorisent pas la dégradation de biens publics ni la substitution de l’intimidation collective à la décision démocratique.

Une enquête sans arrestation rapportée

La police de Winnipeg a indiqué examiner les vidéos disponibles afin d’identifier des personnes impliquées dans les déboulonnements. Les informations publiées ne font état d’aucune arrestation immédiate ni d’aucune condamnation ultérieure visant précisément la destruction de la statue d’Elizabeth II.

Les deux chutes doivent néanmoins être considérées séparément : il s’agissait de deux monuments, de deux dégradations et de deux atteintes au patrimoine public. À Winnipeg, cette soirée du 1er juillet a illustré comment une mobilisation politique peut basculer dans l’attaque directe contre les symboles et les biens communs.

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