Le 1er juillet 2021, au cœur de Victoria, un monument public a été détruit puis précipité dans l’Inner Harbour. Devant l’Empress Hotel, une foule a fixé une corde à la statue du capitaine James Cook, l’a arrachée de son socle, traînée jusqu’au bord de l’eau et jetée dans le port. Cette opération de vandalisme, menée dans le contexte d’une mobilisation anticoloniale liée aux pensionnats autochtones, a visé un bien patrimonial appartenant à la collectivité.
Une destruction organisée au centre-ville
Les images de la soirée montrent plusieurs personnes tirant sur la corde pendant que des participants et des spectateurs entourent le monument. La statue s’est brisée à sa base sous l’effet de la traction. Après sa chute, le socle a été recouvert de peinture rouge, de traces de mains et d’inscriptions, avant que le bronze ne soit déplacé jusqu’au quai et immergé dans le port.
Il ne s’agissait donc pas d’une simple contestation symbolique ni d’une demande adressée aux élus : un monument a été physiquement démoli, dégradé et abandonné dans l’eau. Les groupes décolonisateurs présents dans la mouvance anticoloniale faisaient depuis des années de Cook une cible, le présentant comme un symbole de l’exploration et de la colonisation britanniques sur la côte du Pacifique.
Un bien public jeté dans le port
L’immersion de la statue a ajouté aux dommages causés par son arrachement. Des plongeurs ont dû être mobilisés dès le lendemain pour retrouver et récupérer le monument dans l’Inner Harbour. Cette intervention a été rendue nécessaire par des militants ayant choisi la destruction matérielle plutôt que les voies ordinaires du débat public, de la consultation municipale ou de la contestation légale.
La police de Victoria a ouvert une enquête sur la destruction du monument et diffusé des images de personnes recherchées. Les autorités ont rappelé que la liberté de manifester ne donne pas le droit de saccager des biens publics. Aucune arrestation ni condamnation n’était rapportée dans les informations fournies.
Le précédent d’une colère dirigée contre le patrimoine
Le geste s’est produit pendant les rassemblements du 1er juillet organisés après les découvertes de sépultures près d’anciens pensionnats. Si les activités commémoratives de la journée n’ont pas toutes entraîné de dégradations, la destruction de la statue de Cook illustre jusqu’où peuvent conduire les campagnes décolonisatrices lorsqu’elles tolèrent l’attaque de symboles historiques et de biens communs.
À Victoria, la statue n’a pas été retirée à la suite d’une décision démocratique : elle a été renversée par la force, souillée puis jetée à l’eau. L’affaire rappelle qu’une cause politique, aussi chargée soit-elle, ne peut servir de permis de détruire le patrimoine public et d’imposer la loi de la foule.


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