Caméra frappée et vidéaste arrêté lors d’un rassemblement antifasciste

Gauche radicale-Québec

À Montréal, des militants antifascistes masqués auraient suivi et intimidé un vidéaste de Rebel News, obstrué sa caméra puis frappé son matériel. Après une plainte, le journaliste a été arrêté, malgré des images évoquant sa défense.

Des participants tiennent une bannière orange et blanche du « Front antifasciste populaire » lors du rassemblement du 23 novembre 2025. Capture du reportage de Rebel News / YouTube.

Le 23 novembre 2025 à Montréal, un rassemblement du Front populaire antifasciste a donné lieu à une altercation visant une équipe de Rebel News. Au cours de la couverture vidéo de l’événement, le vidéaste Guillaume Roy a été suivi par deux hommes masqués, tandis que plusieurs participants tentaient de bloquer son objectif. La séquence publiée par le média fait état d’un coup porté à la caméra ou à son opérateur, avant que le journaliste ne soit finalement arrêté à la suite d’une plainte déposée contre lui.

Le tournage entravé au milieu du rassemblement

Environ une centaine de personnes participaient à cette mobilisation antifasciste. Drapeaux, vêtements et slogans liés aux milieux antifascistes étaient visibles sur place. Des participants cherchaient également à empêcher l’identification de manifestants, un comportement qui s’est traduit, dans le cas de l’équipe de presse, par des tentatives répétées d’obstruer la caméra.

Les images relayées par Rebel News montrent des personnes se plaçant directement devant l’objectif afin d’interrompre le travail du vidéaste. Deux hommes masqués auraient suivi Guillaume Roy et l’un d’eux aurait frappé son matériel. Cette confrontation illustre les méthodes d’intimidation souvent associées aux groupes antifascistes lorsqu’ils entendent contrôler qui peut documenter leurs activités dans l’espace public.

Un vidéaste arrêté après une plainte

Après l’incident, l’un des participants a accusé Guillaume Roy de l’avoir agressé. La police a procédé à l’arrestation du vidéaste, alors même que Rebel News soutient que les images disponibles montrent qu’il défendait son matériel face à l’obstruction et au coup rapporté. L’épisode laisse ainsi un journaliste arrêté après avoir été empêché de filmer et après que sa caméra a été prise pour cible.

Aucune information disponible ne permet d’établir si des accusations ont ensuite été déposées contre Guillaume Roy, contre le participant ayant porté plainte ou contre les personnes soupçonnées d’avoir entravé le tournage et frappé la caméra. Aucune condamnation n’est rapportée à ce stade.

Une atteinte au travail de presse

Au-delà de cette altercation, l’affaire soulève une question élémentaire d’ordre public : des militants antifascistes peuvent-ils intimider un média, masquer leur identité et empêcher des images d’être prises sans que les gestes allégués fassent l’objet d’un examen rigoureux? La liberté de documenter une manifestation ne devrait pas dépendre de l’idéologie des organisateurs ni de la tolérance de groupes militants envers la présence d’une presse qu’ils contestent.

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